Comment éviter l’effet initiative zombie dans les roadmaps digitales
- Gabriel Amine Ghalleb
- 24 juin 2025
- 11 min de lecture

Le problème : des projets « morts-vivants » qui refusent de mourir
Dans de nombreuses organisations, certains projets digitaux prennent la forme de morts-vivants : ils errent dans les couloirs de l’entreprise, consomment des ressources, mais ne mènent nulle part. Ces « initiatives zombies » continuent d’avancer tant bien que mal, sucçant du temps, du budget et de l’énergie sans jamais délivrer la valeur escomptée. Pendant que ces projets inutiles engloutissent des ressources, d’autres véritables innovations manquent de soutien pour voir le jour. Le résultat ? Un portefeuille d’initiatives digitales parasité par des programmes inutiles qui pénalisent la transformation numérique globale de l’entreprise.
Pourquoi ces projets zombies survivent-ils ? Souvent parce qu’il est difficile de les achever définitivement. Un attachement émotionnel s’est créé autour d’eux – « on a déjà tellement investi, peut-être qu’un jour ça finira par marcher… ». Il est généralement plus facile d’identifier un projet zombie que de l’abattre : nombreux sont ceux qui n’osent pas renoncer à un projet dans l’espoir vague qu’il aboutisse un jour d’une manière ou d’une autre. Cette peur de l’échec et du gâchis amène les organisations à tolérer l’intolérable : des initiatives sans valeur qui continuent de mobiliser équipes et budgets. Avant de voir comment y remédier, explorons à quoi ressemblent ces zombies numériques à travers quelques exemples concrets.

Zombies sur la feuille de route : exemples d’initiatives inutiles
Pour mieux cerner l’effet zombie, imaginons quelques scénarios inspirés de cas réels :
Le projet d’IA sans cas d’usage : Sous la pression de la mode de l’intelligence artificielle, une entreprise lance un ambitieux projet de machine learning… sans objectif métier clair. Des data scientistes développent des algorithmes sophistiqués, mais personne ne sait vraiment quel problème concret résoudre. Au fil des mois, le POC (Proof of Concept) s’éternise, aucune mise en production tangible en vue. Ce projet d’IA continue pourtant de consommer du budget et du temps, alors même que 85 % des projets IA ratent leurs objectifs business selon Gartner. C’est le prototype même de l’initiative zombie : un projet high-tech lancé pour « faire comme tout le monde », sans bénéfice identifié, qui s’attarde dans un entre-deux mort-vivant.
La migration CRM interminable : Un grand groupe décide de migrer l’ensemble de son système CRM vers une nouvelle plateforme, censée révolutionner la relation client. Le projet, prévu pour 12 mois, en dure 36, puis 48… Les équipes changent, les spécifications dérivent, les utilisateurs finaux se découragent. Pourtant, impossible de stopper l’initiative après tant d’investissements. Les dirigeants continuent d’y injecter des ressources « pour finir le boulot », sans se rendre compte que le monde a évolué autour d’eux. Ce scénario n’est pas rare – plus d’un projet CRM sur deux n’atteint pas ses objectifs selon certaines études. Ici, l’initiative zombie prend la forme d’un projet de refonte qui n’en finit plus, coincé dans un limbo technologique et organisationnel.
Le référentiel produit déconnecté du métier : Autre exemple courant, celui d’un projet de mise en place d’un nouveau référentiel produit (PIM/MDM). L’IT déploie un outil flambant neuf pour centraliser toutes les données produits, persuadé d’apporter une solution miracle. Mais les équipes métier n’ont pas été impliquées en amont : les catégories, attributs et workflows définis ne correspondent pas aux réalités du terrain. Résultat, personne n’adopte vraiment le système, et les anciens fichiers Excel continuent de régner en maîtres. Officiellement, le projet n’est pas « arrêté » – il figure toujours sur la feuille de route digitale –, mais en pratique il est mort-vivant. Il consomme quelques ressources (maintenance minimale, licences logicielles) sans apporter aucune valeur, faute d’utilisateurs engagés.
Ces exemples illustrent diverses formes que peuvent prendre les initiatives zombies. Chacune diffère par son contexte, mais toutes partagent un même symptôme : elles existent par inertie, sans impact positif, parfois même au vu et au su de tous mais sans qu’aucune décision courageuse ne soit prise pour les arrêter.

Comment détecter une initiative zombie ? (Grille de détection)
Comment repérer, dans une feuille de route digitale chargée, les projets qui sont devenus des zombies ? Voici une grille de détection regroupant symptômes visibles, signaux faibles et comportements organisationnels révélateurs d’un projet mort-vivant.
Symptômes flagrants
Absence de résultats concrets : Le projet dure depuis des mois (voire des années) sans livrables exploitables ni succès mesurable. Aucune success story interne n’en découle, les KPI restent désespérément plats ou vides. En comité de pilotage, les présentations du projet regorgent de slides sur « la phase suivante » ou d’arguments théoriques, mais peinent à montrer des réalisations tangibles.
Objectif ou périmètre flou : Si personne n’est capable d’expliquer clairement la finalité métier du projet ou le problème exact qu’il résout, alerte rouge. Un cadrage mal défini au départ aboutit souvent à un projet zombie. Un signe révélateur est lorsque la raison d’être du projet évolue constamment au gré des discussions – preuve qu’il n’a pas de "north star" claire.
Plus d’utilisateur ou sponsor actif : Le sponsor initial a quitté l’entreprise ou s’est désengagé, et aucun autre dirigeant ne porte vraiment le projet. De même, les utilisateurs finaux – s’ils existent – ne sont plus consultés ni impliqués. Un projet orphelin côté métier, laissé aux seules mains de la DSI, est un candidat zombie idéal. Par exemple, découvrir qu’une équipe tech travaille sur une application depuis des mois alors que le dirigeant qui l’avait demandée est parti depuis des semaines est typique du projet zombie.
Dépassement systématique des budgets et délais : Bien sûr, tous les projets en retard ne sont pas des zombies, mais un projet qui accumule les rallonges sans que l’on voie le bout du tunnel doit vous inquiéter. Quand chaque nouvelle échéance est manquée et aussitôt remplacée par une suivante tout aussi irréaliste, c’est le signe que le projet n’avance pas et qu’il est peut-être déjà mort à l’intérieur.
Signaux faibles
Personne ne pose la question “Pourquoi ce projet ?” : Paradoxalement, l’un des signaux faibles est le silence. Par peur de froisser ou par habitude, plus personne n’ose demander “Au fait, pourquoi fait-on ce projet déjà ?”. Cette absence de remise en question peut indiquer qu’on traîne un boulet dont on n’ose plus débattre ouvertement. Quand l’alignement avec la stratégie n’est pas évident mais que le sujet devient tabou, attention.
Équipe démotivée ou réduite au minimum : Observez l’état d’esprit de l’équipe projet. Si les meilleurs talents ont été réaffectés ailleurs et qu’il ne reste qu’un noyau dur réduit maintenant le projet sous perfusion, c’est un signe que l’initiative n’est plus prioritaire. Un désengagement progressif des ressources sans arrêt formel du projet laisse souvent un zombie en roue libre.
Pivot incessant du scope : Le projet a changé trois fois de nom, d’objectifs ou de technologie sous-jacente depuis son lancement. On pivote sans cesse dans l’espoir de « trouver la formule magique » qui justifiera de continuer. Ces changements de cap fréquents traduisent souvent un manque de vision initiale et une fuite en avant pour éviter d’admettre l’échec.
Comportements organisationnels révélateurs
Les dirigeants évitent d’en parler : En réunion stratégique, dès que le projet zombie est mentionné, le malaise se fait sentir. On expédie rapidement le sujet, ou pire, on le sort de l’agenda. Ce non-dit traduit la gêne collective face à une initiative dont tout le monde sait qu’elle patine, mais que personne n’ose déclarer morte. Un projet vraiment utile susciterait au contraire des questions actives et de l’intérêt.
“On ne peut pas l’arrêter, on a déjà trop investi” : Cette petite phrase est le mantra du syndrome du coût irrécupérable. Si vous l’entendez, danger : c’est précisément ce raisonnement qui maintient les zombies en vie artificielle. Continuer juste parce qu’on a déjà payé cher est une erreur classique et un comportement organisationnel courant dans les projets zombies.
Multiplication d’initiatives redondantes : Une organisation qui ne pilote pas bien son portefeuille peut accoucher de doublons inutiles – par exemple deux équipes différentes qui développent chacune un outil similaire sans le savoir. Ces projets parallèles non coordonnés finissent souvent en zombies.
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En résumé, un projet est probablement un zombie s’il manque de vision, de sponsor, de résultats et d’alignement, mais qu’il perdure malgré tout par inertie. Une fois ces symptômes repérés, il faut se pencher sur les causes : qu’est-ce qui, dans la gestion du projet ou de l’organisation, a permis à ces zombies d’apparaître ?

D’où viennent les zombies ? Les erreurs fréquentes à l’origine
Aucun dirigeant ne souhaite délibérément lancer un projet voué à errer sans but. Les initiatives zombies sont le plus souvent le fruit d’erreurs de gestion ou de gouvernance, combinées à des biais humains.
Voici quelques causes fréquentes :
Cadrage initial flou ou bâclé : C’est le péché originel de bien des projets ratés. Un projet lancé sur la base d’un buzzword (« Il nous faut de l’IA / du Big Data / de la blockchain ») plutôt que d’un besoin métier concret démarre avec un handicap quasi insurmontable. Sans vision claire, sans cas d’usage précis validé avec le terrain, le projet va se chercher un but tout au long de son existence – terrain idéal pour devenir zombie. Réciproquement, des objectifs mal définis, non mesurables, ou un business case négligé laissent le projet sans boussole dès le départ.
Pilotage détaché du terrain : Une fois le projet lancé, une erreur classique est un pilotage purement théorique. Si les décisions sont prises uniquement en comités de direction, sur la base de rapports édulcorés, sans jamais confronter la réalité du terrain, on court à la catastrophe. Les signaux d’alerte (utilisateurs sceptiques, défauts du produit, inadéquation aux processus métier) ne remontent pas aux décideurs. Ces derniers continuent de piloter « sur plan », détachés du concret, et prolongent un projet qui est déjà cliniquement mort côté utilisateurs.
Absence de gouvernance produit : Dans les approches agiles modernes, on insiste sur la notion de Product Owner ou de responsable produit, garant de la valeur pour l’utilisateur final. Si une initiative digitale est gérée comme un projet purement IT sans responsable produit identifié, il y a de fortes chances qu’elle dérive. Sans vision « produit » centrée sur l’usage, le projet peut s’enliser dans des développements techniques éloignés du besoin réel. L’absence de gouvernance produit se traduit aussi par un manque de feedback utilisateurs régulier et d’arbitrage des priorités en fonction de la valeur créée, ce qui laisse le champ libre à un projet de s’éterniser sans délivrer.
Pas de processus d’arrêt de projet (kill governance) : De nombreuses organisations n’ont tout simplement pas de mécanisme établi pour tuer un projet en cours de route. Une fois qu’un projet est dans la roadmap, on a tendance à le mener jusqu’au bout, quel qu’en soit le prix, à moins d’un désastre flagrant. Il manque des gates de décision clairs où l’on évalue objectivement si le projet doit continuer, pivoter ou s’arrêter. Sans ce filet de sécurité, les projets à faible valeur peuvent prospérer indéfiniment. Par ailleurs, les indicateurs de réussite sont parfois inexistants ou inadéquats : comment arrêter un projet officiellement « en vert » sur son tableau de bord, même si tout le monde sent qu’il ne sert à rien ? Des KPI mal conçus ou purement techniques peuvent masquer la réalité de l’absence de valeur.
Culture de l’évitement de l’échec : Enfin, la dimension culturelle est cruciale. Dans certaines entreprises, l’échec est tabou. Admettre qu’un projet n’a pas fonctionné est perçu comme un aveu de faiblesse, voire une faute professionnelle. Ce climat pousse les équipes à faire durer artificiellement des projets mal partis, plutôt que de remonter un problème qui fâche. Chacun espère éviter la remise en question en continuant à pousser la machine un peu plus loin. De plus, l’engagement psychologique joue : on s’auto-convainc que « si on persévère encore un peu, ça va finir par payer ». Ce manque de safety pour dire “stop” alimente directement le cimetière des projets zombies.
Comprendre ces erreurs permet de préparer des parades. Heureusement, il existe des approches concrètes pour éviter ou éliminer les zombies de votre feuille de route digitale.

Exorciser les projets zombies : leviers stratégiques et opérationnels
La bonne nouvelle, c’est qu’on peut prévenir l’apparition des initiatives zombies, et même les éliminer lorsqu’elles surgissent, en appliquant quelques principes de gouvernance et de pilotage rigoureux.
Voici des leviers stratégiques et opérationnels pour vous protéger de l’invasion des projets morts-vivants :
Co-cadrage avec les métiers dès le départ : Impliquer les équipes métiers dans la définition du projet dès les premières étapes. Co-construisez le cadrage (objectifs, cas d’usage, indicateurs de succès) avec ceux qui utiliseront ou bénéficieront de la solution. Cela garantit que le projet répond à un vrai besoin et crée un engagement mutuel. Un projet co-cadré aura beaucoup moins de chances de dériver en zombie, car son utilité est validée dès l’origine par le terrain.
Analyse de la valeur et revue du business case en continu : Ne considérez pas le business case comme un document figé rangé dans un tiroir. Mettez en place une revue régulière de la valeur attendue et délivrée par le projet. À chaque étape clé (fin de sprint, fin de phase), questionnez : qu’avons-nous apporté comme valeur jusqu’ici ? Les hypothèses du départ tiennent-elles toujours ? Si la réponse déçoit, ayez le courage de recalibrer ou d’arrêter avant de gaspiller plus. Cette analyse de la valeur doit être factuelle (KPI d’usage, ROI intermédiaire, feedback utilisateurs). Elle peut s’appuyer sur des outils par exemple sur un découpage du projet en étapes avec critères de succès à remplir pour passer à la suivante. L’idée est d’introduire des points de contrôle de viabilité fréquents pour éviter l’acharnement thérapeutique sur un projet mal en point.
Matrice effort-impact-budget et priorisation rigoureuse : Face à une liste d’initiatives digitales, armez-vous d’une matrice Effort/Impact/Budget pour prioriser intelligemment. Cet outil visuel positionne chaque projet selon l’impact attendu (bénéfices, valeur métier) et l’effort requis (coût, complexité). Écartez sans pitié les initiatives “faible impact – fort effort” : ce sont les zombies en puissance. En utilisant ces méthodes de priorisation, on évite de laisser passer des idées médiocres qui vont ensuite siphonner les ressources.
Portfolio mapping et alignement stratégique : Prenez de la hauteur sur votre portefeuille de projets digitaux. Mappez chaque initiative par rapport aux objectifs stratégiques de l’entreprise ou aux piliers de votre feuille de route (par exemple : excellence opérationnelle, croissance client, nouveaux business models, etc.). Un projet qui n’a aucune correspondance avec les axes stratégiques identifiés devrait déclencher un examen sérieux – soit on lui trouve un rattachement légitime, soit il n’a peut-être pas lieu d’être. Ce travail de cartographie du portefeuille permet aussi de détecter les doublons et les dispersions.
Revues flash et audits réguliers des projets : Instituez un rituel de revue rapide du portefeuille (trimestrielle, semestrielle) où chaque initiative est passée en revue de façon concise sur son avancement et sa contribution attendue. L’objectif n’est pas de fliquer, mais de détecter tôt les projets en décalage. Invitez éventuellement un regard externe (un pair d’une autre entité, un PMO central, etc.) pour challenger avec fraîcheur d’œil : “Qu’a réellement apporté ce projet ces 3 derniers mois ? Où en est l’adoption ?”. Ces flash reviews peuvent servir de sas de décompression pour identifier des zombies latents et recommander des actions (redressement ou arrêt) avant qu’il ne soit trop tard. De même, n’hésitez pas à organiser des “post-mortems” flash sur des projets récemment arrêtés ou livrés sans succès : en tirer les leçons évite de recréer plus tard un zombie similaire.
Gel budgétaire conditionnel et clauses de sortie : Sur les gros programmes à risque, mettez en place des balises budgétaires. Par exemple, allouez le budget par tranches conditionnelles : “on débloque la tranche suivante si et seulement si tel résultat intermédiaire est atteint d’ici là”. Ce gel conditionnel impose au projet de faire ses preuves pas à pas. Si les conditions ne sont pas remplies, le financement s’arrête automatiquement en attendant une décision de redressement. De même, introduisez dans vos feuilles de route des critères explicites d’abandon (kill criteria) : par exemple “si le projet n’a pas atteint X utilisateurs actifs d’ici 6 mois, on stoppe”. Ces garde-fous rendent l’arrêt d’un projet moins subjectif et moins lié à du courage individuel – c’est pré-négocié dans le plan. Cela aide à vaincre l’inertie bureaucratique en donnant une base objective pour enterrer les projets qui n’apportent pas la valeur promise.
Culture du droit à l’échec et de l’apprentissage : Enfin, le levier peut-être le plus déterminant est culturel. Il s’agit de transformer l’approche de l’échec au sein de l’entreprise. Instaurer une “amnistie des zombies” peut être une démarche salutaire. Cela consiste à annoncer que tuer un projet inutile ne sera pas pénalisé, au contraire – les équipes qui ont le courage de déclarer qu’une initiative n’a pas l’impact escompté doivent être valorisées, pas blâmées. Pourquoi ne pas célébrer ces décisions difficiles ? Cette évolution de mindset crée un environnement de sécurité psychologique où chacun ose remonter les problèmes et arrêter les frais à temps. Rapidement, l’organisation gagne en maturité : on ne cache plus les échecs, on les traite et on en apprend quelque chose.
En combinant ces leviers – co-cadrage, pilotage par la valeur, gouvernance de portefeuille stricte, revues régulières et culture ouverte sur l’apprentissage – vous vous donnez toutes les chances d’éviter que des projets zombies prolifèrent. Et si malgré tout il s’en crée, vous aurez les outils pour les identifier et les neutraliser rapidement.

Conclusion — Du courage, de la clarté, du cadre
Éviter les projets zombies, ce n’est pas une question de méthode miracle : c’est une discipline. Celle de cadrer avec clarté, de piloter par la valeur réelle, de savoir dire stop au bon moment. Et c’est aussi un état d’esprit : valoriser l’honnêteté, ne pas craindre l’arrêt, apprendre de ce qui ne marche pas.
Les CDO, CTO et architectes doivent incarner cette posture exigeante. Une feuille de route puissante, c’est une feuille de route vivante : sans zombies, mais nourrie de projets utiles, alignés et assumés. Rien de plus. Rien de moins.



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